Après l’hypersensibilité, je vous propose de rester  dans le registre des émotions. Aujourd’hui, j’aimerais vous parler de la colère. C’est une émotion que j’ai bien du mal à exprimer sans agressivité. Et comme les chiens ne font pas des chats… L’ambiance est parfois électrique à la maison. Je ne sais pas comment ça se passe pour vous, mais moi, le truc qui me fait péter les plombs et perdre patience, c’est quand on ne m’écoute pas. Je ne dis rien, je répète, je prends sur moi et puis, bam ! La goutte d’eau qui fait déborder le vase et j’explose. Evidemment, je sais que ce n’est pas la solution. Et en plus dans notre société, ce n’est pas toujours très bien vu d’exprimer sa colère. Y a qu’à voir les regards qu’on vous lance si votre enfant pique une crise et se roule par terre en hurlant. Alors comment réagir en cas de crise de colère aiguë de vos bambins ? Voici quelques idées pour désamorcer la colère de votre enfant et l’aider à s’apaiser.

Qu’est-ce que la colère ?

Il existe 6 émotions fondamentales : la peur, la colère, la tristesse, la joie, la surprise et le dégoût. Ni positive, ni négative, la colère est une émotion comme une autre. Aucune raison d’en avoir honte. Si elle existe, c’est simplement parce qu’elle a une utilité ! Comme la peur, c’est avant tout un signal d’alarme émotionnel. Elle se manifeste pour nous indiquer qu’un besoin n’est pas satisfait. Elle traduit à la fois la volonté d’exprimer cette frustration à soi-même et à l’autre, mais aussi l’envie de faire évoluer la situation. C’est même elle en réalité qui va nous donner l’énergie pour changer ou faire changer. Comme le souligne Jean-Louis Muller et Nathalie Dedebant dans leur livre Transformez votre colère en énergie positive, « la colère est une façon maladroite de dire ses droits d’exister et d’être. »

Comment exprimer sainement sa colère ?

Chez l’adulte, on observe 3 manifestations de la colère : la colère inhibée, la colère exacerbée et la colère déguisée. Quand vous inhibez votre colère, vous subissez la volonté des autres. “Vous prenez sur vous”. C’est souvent après une période de colère inhibée que la colère exacerbée apparaît. Quant à la colère déguisée, eh bien vous exprimez votre émotion, mais en employant des détours. Le problème avec les colères exacerbées, inhibées ou déguisées, c’est qu’elles peuvent à la longue générer du stress, des maladies cardio-vasculaires, des maux de tête, de dos ou de ventre, de l’asthme, de l’arthrite, de l’hypertension, des ulcères, des insomnies ou de l’obésité. Il arrive aussi que l’on retourne sa colère contre soi. Ce qui engendre honte et culpabilité. D’où l’intérêt d’apprendre le plus tôt possible à verbaliser nos émotions. Selon la communication non violente, exprimer sa colère sainement consiste à accueillir l’émotion, identifier le besoin insatisfait et exprimer à l’autre ce que l’on a ressenti, sans anxiété ni agressivité.

8 idées pour désamorcer la colère de votre enfant

1. Les bons d’énervement ou bons de colère

J’ai découvert les bons d’énervement pour la 1ère fois dans les Cahiers Filliozat Mes émotions. Il s’agit de petits coupons où l’enfant peut noter son énervement du jour en quelques mots. Isabelle Filliozat recommande à l’enfant lorsqu’il est furieux, énervé ou dégoûté par une injustice de remplir un bon, puis de le froisser et de le jeter loin. Dans le même esprit, j’ai découvert sur la boutique Etsy Graine de Carrosse, La boite pour calmer les grosses colères qui contient des bons de colère à déchirer consciencieusement et à mettre à la poubelle.

2. La bouteille de retour au calme

Cet outil est utilisé dans la pédagogie Montessori. Pour confectionner votre bouteille de retour au calme, vous aurez besoin d’une petite bouteille en plastique, de paillettes et/ ou de sequins, de colle et de glycérine, d’huile de paraffine ou de shampoing. La colère est souvent de courte durée et s’estompe quand l’esprit trouve un objet de distraction. Lorsque l’enfant secoue la bouteille, les paillettes vont se mouvoir et retomber tout doucement. En focalisant son attention sur les paillettes, il va se détacher de ce qui a provoqué sa colère et revenir progressivement à un état de calme intérieur. Vous trouverez un tutoriel pour fabriquer votre bouteille de retour au calme sur La Cour des petits.

3. Un gros câlin !!!

Quoi de mieux qu’un câlin ? Rappelez-vous, j’avais consacré un article aux bienfaits de la câlinothérapie. Comme le rappelle Isabelle Filliozat, spécialiste de l’éducation bienveillante, quand les besoins de contact de l’enfant ne sont pas suffisamment remplis, ses circuits cérébraux sont en manque. Cela peut se manifester par des crises de rage, des pleurs ou des comportements que, nous parents, jugeons excessifs. Se câliner permet de charger l’organisme en ocytocine, dopamine et sérotonine, les hormones du bonheur, de l’amour et du plaisir. Mais attention, pour être efficace un câlin doit durer au moins 20 secondes. C’est le temps nécessaire pour que l’ocytocine inonde le cerveau et calme le stress de votre enfant. Et un câlin, ça fait du bien à tout le monde, aux enfants comme aux parents !

4. Le spray anti-colères

Je connaissais déjà l’astuce du spray d’ocytocine, toujours grâce au Cahier Filliozat Mes émotions et en farfouillant sur Etsy récemment à la recherche d’idées cadeaux pour la fête des mères, je suis tombée par hasard sur les créations de Pamela Loops. Mon attention s’est portée plus particulièrement sur son spray anti-colères. Ce spray « magique » à base d’eau florale de lavande a été imaginé pour apaiser les colères des petits et les aider à reconnaître leurs émotions de base. Rappelons-le, la lavande a des vertus apaisantes. Elle est utilisée notamment pour les troubles du sommeil, les crises d’anxiété, l’irritabilité et le stress. Pour information, la créatrice propose aussi des sprays anti-fantômes et anti-chagrins. J’ai trouvé cette idée absolument géniale !

Spray anti-colères de Pamela Loops
Crédit photo : Pamela Loops

5. La méditation pour les enfants

Quand nous nous mettons en colère, certaines zones particulières de notre cerveau s’activent et déclenchent des réactions comme l’accélération du rythme cardiaque, des tremblements, des rougeurs… Nos émotions et le stress impactent aussi notre respiration. Proposer une séance de méditation à votre enfant peut l’aider à s’apaiser. Parmi les applications qui proposent des séances de méditation pour les enfants, on peut citer notamment Namatata et Petit Bambou dont je vous ai déjà parlé à plusieurs reprises sur le blog. Et parmi les ouvrages très connus, vous pouvez également tester Calme et attentif comme une grenouille.

6. Les livres pour enfants sur la colère

Ce n’est pas toujours facile de poser des mots sur ses émotions… Lire des livres sur la colère à votre enfant peut l’aider à verbaliser son ressenti, mais aussi à apprendre à reconnaître les manifestations corporelles de la colère et ces conséquences. Ce type de lecture peut également ouvrir à la discussion. Après l’histoire, posez des questions à votre enfant. C’est important d’être dans l’écoute active. Pour faire retomber la pression, l’enfant a besoin de se sentir entendu, compris. On en trouve de plus en plus facilement dans la littérature jeunesse. Je peux vous citer par exemple : Sam et Watson plus forts que la colère !, Le livre en colère, La Colère du Dragon, Grosse colère, La grosse colère d’Esther. Vous voyez, ce n’est pas ce qui manque et il y en a sûrement bien d’autres ! Pour les plus grands, il existe aussi des cahiers d’activité à compléter comme Colère et retour au calme d’Isabelle Filliozat.

7. Le coussin de colère

Un grand classique qui nous a été recommandé par une psychologue pour notre fille aînée. Choisissez un coussin spécifique qui deviendra le coussin de colère. Vous pouvez proposer à l’enfant de le décorer ou vous trouverez aussi des créations très sympa comme celles de Shirley Chiche. Prenez le temps de présenter le coussin de la colère à l’enfant, de lui expliquer comment s’en servir et à quoi il sert. Si vous sentez qu’il a besoin d’évacuer sa colère physiquement, montrez-vous empathique. Montrez que vous comprenez ce qu’il ressent. Dites-lui, par exemple : “Je vois que tu es très en colère. Tu ne dois pas garder tout ça à l’intérieur de toi. Viens, on va chercher le coussin de la colère.” Ce coussin, il peut le taper, le mordre, le tordre ou le serrer très fort contre lui. L’idée n’est pas de l’utiliser systématiquement comme défouloir. Le but n’est pas d’associer la colère au fait de taper. Mais, ça peut lui permettre d’évacuer l’énergie de la colère sans se blesser ni blesser les autres… Finissez par un gros câlin.

Les coussins de Colère de Shirley Chiche
Crédit photo : Shirley Chiche

8. La boîte à cris ou boîte à colère

Comme la bouteille de retour au calme, vous pouvez confectionner vous-mêmes votre boîte à cris. Il vous faudra simplement trouver une boîte avec un couvercle dans lequel vous ferez un trou. Ensuite, libre à vous de la customiser à votre goût et si possible avec l’aide de vos enfants. Ça leur donnera encore plus envie de s’en servir… Et elle n’est pas réservée qu’aux enfants. Toute la famille peut l’utiliser. Le principe est simple. Si un membre de la famille sent qu’il est submergé par la colère et qu’il a très envie de crier pour se calmer, il crie à pleins poumons dans la boîte à cris. L’idéal évidemment étant de discuter avec l’enfant une fois la colère évacuée. Pour en savoir plus sur la boîte à cris, vous pouvez consulter l’article de Noémie Foulon, coach professionnel, personnel et parental.

Quelques livres pour aider les parents !

Mon p’tit cahier Colère de Noémi Benhamou
Le cabinet des émotions : Aidez votre enfant à gérer ses colères de Stéphanie Couturier

Pour conclure

Voilà, j’espère que ces idées vous donneront des pistes pour accompagner vos enfants et leur apprendre à mieux accueillir leurs émotions et écouter leurs ressentis. Cette liste est non exhaustive évidemment et chaque enfant est différent. Pas de solution toute prête ou miracle, ça se saurait, n’est-ce pas ? A vous de tester et de trouver ensemble, les outils qui correspondent le mieux à vos enfants. Et puis, n’oublions pas qu’une des meilleures méthodes reste encore de donner l’exemple. Toutefois, ne culpabilisez pas à outrance si vous faites des erreurs. Nous en faisons tous et n’avons pas tous eu la chance de bénéficier d’une éducation positive et bienveillante. Nous faisons du mieux que nous pouvons avec nos bagages, nos casseroles et notre propre vécu… Si vous avez expérimenté vous-mêmes d’autres astuces, n’hésitez pas à les partager en commentaires. Je prends toujours beaucoup de plaisir à vous lire !

Sources

Transformez votre colère en énergie positive de Jean-Louis Muller et Nathalie Dedebant

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Crédit photo : Freepik.

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